Compagnie Sebastien Azzopardi

FIGARO : Le Tour du monde en 80 jours



FIGARO : Le Tour du monde en 80 jours
Un voyage divertissant
Le Tour du monde en 80 jours de Jules Verne

THEATRE. On connaît le roman de Jules Verne. Les aventures de Phileas Fogg et de son valet Passepartout ont bercé notre enfance. Durant leur voyage, ils traversent quatre continents, trois océans, montent en chemin de fer, manquent de sombrer en bateau… Réussir à adapter toutes ces péripéties sur une scène de poche, c’est le pari de Sébastien Azzopardi et Sacha Danino. Mission accomplie. De l’imagination, peu de subventions, mais qu’importe, le résultat est heureux. On s’amuse vraiment. D’entrée, le ton est donné. Une petite scène de théâtre barrée d’un rideau rouge pour tout décor suffit à notre bonheur. Les comédiens, cinq au total, viennent se déguisent, jouent tous les rôles, d’humeur joyeuse, sans prétention.
Jules Verne sert de prétexte à passer en revue les peuples de la Terre. Loin du réalisme, mais avec un esprit frondeur, les adaptateurs jonglent avec les clichés… Cela va des travers de la langue anglaise, « isn’it », aux attitudes grossièrement stupides des cow-boys d’opérettes, Jack la Gâchette d’or et Jack La Loose de L’Ouest… Tout cela est assez juvénile, mais n’est-ce pas ce qu’on aime en Jules Verne ?
Yan Mercoeur, tête frisottante, jambes de héron est un Phileas convaincant. Héros oui, mais héros de bande dessinée. C’est dans cet esprit que tout le spectacle est mis en scène.
Le Passepartout de Gilles-Vincent Kapps est de la même eau. Mais le deuxième degré prend toute sa dimension avec les seconds rôles. Deux comédiens, Alexandre Guilbaud et Romain Canard, s’amusent à camper une dizaine de personnages, indifféremment masculins ou féminins, pour la plus grande joie des enfants qui suivent le défilement à train d’enfer de ces déguisements, passant du consul lunatique à l’Oriental, en pastichant au passage des Anglaises de toutes conditions. Seule comédienne de la troupe, Réjane Lefoul apporte une touche de charme à l’ensemble.
Et les clins d’œil vers une Angleterre un tantinet snob et impériale se succèdent au plaisir du public. Tant il est vrai qu’on n’aime rien tant que s’amuser du côté tasse de thé des Anglais, de la prétendue traîtrise chinoise, de l’inculture américaine… Enfin, les comédiens osent des apartés qui déclenchent des fous rires du côtés des plus jeunes. Ce voyage d’une bonne heure est une escapade recommandée aux familles.
Marion Thébaud 24/05/06

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