Compagnie Sebastien Azzopardi

THEATRAL : Le Barbier de Séville




Le Barbier dans une mise en scène explosive !
Un vieux barbon amoureux de sa pupille, qu'il séquestre afin de l'épouser, est contrarié dans ses desseins par le Comte Almaviva, grand d'Espagne, aidé par son ancien valet, Figaro, désormais le barbier de Séville. La pièce de Beaumarchais est à l'affiche des Cinq diamants dans une mise en scène bourrée de trouvailles comiques.
Après avoir joué Molière, Marivaux, Feydeau et bien d'autres, Sébastien Azzopardi écrit sa propre pièce, « Les Classiques Contre-Attaquent » qu'il interprète depuis deux ans avec un ami comédien pour transmettre sa jubilation devant Rabelais, La Fontaine et Voltaire. Aujourd'hui, deux pièces où son nom figure sont à l'affiche à Paris : l'excellente comédie « Devinez Qui » au Palais Royal (cf Théâtral n°2) dont il a fait l'adaptation d'après Agatha Christie et Le Barbier de Séville dont il assure la mise en scène.
L'intrigue du «Barbier de Séville », rappelons-le, développe le canevas classique du vieux barbon ( Bartholo) amoureux de sa pupille (Rosine) qu'il séquestre afin de l'épouser et qui est contrarié dans ses desseins par un jeune homme, un certain Comte Almaviva, grand d'Espagne qui sera secondé par son ancien valet, Figaro, désormais barbier à Séville.
Sébastien Azzopardi se concentre sur les ressorts comiques de la pièce. En effet, même le personnage le plus austère ( le vieux barbon) est traité avec une légèreté qui le rend sympa-thique : Frédéric Imberty compose un vieux médecin amoureux qui régale le public de ses mimiques d'homme viscéralement méfiant. Il serre Rosine ( Elisa Sergent, une ingénue pleine de fraîcheur) contre lui, comme Harpagon son or.
Autour de cette austère maison va souffler un vent d'amour et voilà les premiers émois qui surprennent la jeune Rosine. Le duo Figaro-Almaviva complices comme larrons en foire est explosif notamment grâce à la prestation tout en couleurs de Xavier Berlioz (Figaro) tour à tour jovial, déluré et rusé. Il déploie des trésors d'énergie pour unir les deux enamourés. Tout le rocambolesque de la pièce ( déguisements, supercheries, intrigues…) est très bien rendu grâce à un rythme enlevé et à la mise en scène pleine de trouvailles comiques. Il y a quelques moments de pur délire parfois très réussis (cf les scènes avec Gilles-Vincent Kapps qui fait de Basile une sorte de psychopathe) mais parfois maladroits. A force de tirer vers le comique, la pièce perd de sa charge contre l'ancien régime et donc de sa dimension politique. Figaro est ici plus traité comme un intrigant de génie que comme un porteur d'un idéal de liberté. Néanmoins, le charme agit et ce spectacle met bien en valeur tout le génie comique de Beaumarchais, parfois considéré comme le précurseur des vaudevillistes du 19e siècle, notamment Feydeau. Pierre Joaquim Théâtral mars 2004

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