UNIVARTS.COM : Faisons un rêve



Le metteur en scène tient à rappeler : "Il est curieux de penser que, pour beaucoup aujourd'hui, il est un auteur bourgeois, alors qu'il a balayé toute les règles, qu'il n'en a toujours fait qu'à sa tête, qu'il a sans cesse inventé, qu'il ne s'est jamais enfermé dans un genre, et que ses morales, toujours, n'ont rien de conventionnelles". La mise en scène est brillante; elle fait oublier que les comédiens évoluent dans un espace et que le public lui fait face : on est sur scène, on est dans le salon, chez "l'ami", dans la chambre... Le statut social des personnages arrive en second plan, l'humour et l'ironie n'en sont pas entravés et s'envolent bien au-dessus.
Les comédiens ont un plaisir flagrant et entier de sales gamins mettant à exécution un mauvais plan. Ils donnent à leurs personnages autant de vitalité que des mômes imitant et les travers, calculs, contradictions des adultes... pour s'en amuser sans jugement.
Le trio sait amener les choses et nous faire complices mais pas débiles nécessiteux de la réplique et du rebondissement téléphonés. Le jeu peut être suspendu, accéléré, dans une parfaite maîtrise du rythme, pour provoquer le spectateur, lui laisser pressentir une imminence: les comédiens ne cèdent pas à la méthode devinette carambar pour enfants qu'on sort aux adultes.
S. Azzopardi se délècte et ne cabotine pas; il instaure un échange avec le public et rend son personnage sympathiquement cynique. F. Imberty donne pour le personnage du mari une dimension a priori improbable pour celui qui n'est bon qu'à être trompé. E. Sergent est un délice de naïveté voire d'idiotie charmante. Le décor et les costumes sont un vrai divertissement. Banal mais exact: cette pièce est jouée avec légèreté: Au jeu de si c'était une boisson, un plat, un vêtement, Sébastien Azzopardi répond: "une coupe de champagne, un amuse-bouche de grand restaurant ou une voilette qui s'envolerait à la première brise". Marie AGUETTANT le 28/03/2006


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