Compagnie Sebastien Azzopardi

MARIANNE : L'Eventail de Lady Windermere



MARIANNE : L'Eventail de Lady Windermere

MARIANNE : L'Eventail de Lady Windermere
HYPOCRISIE SOCIALE
Le coup de l’éventail de ce cher Oscar
S’il est au monde quelque chose de plus fâcheux que d’être quelqu’un dont on parle, c’est assurément d’être quelqu’un dont on ne parle pas. » Pauvre cher Oscar Wilde, que ses mânes soient rassurés. Cent ans après sa mort misérable, il fait encore parler de lui, et, si agaçant qu’il eût feint de la trouver, en bien. L’Eventail de Lady Windermere ne le cède assurément pas, ni en charme ni en esprit, à L’Importance d’être constant et si la high society qui en est également le cadre a sombré corps et biens aussi irrémédiablement que le Titanic, le portrait qu’en a fait l’artiste n’a rien perdu de sa force ni de sa fraîcheur. Dans les deux pièces, même élégance des attitudes et des manières, même peinture et même dénonciation de l’hypocrisie sociale et du puritanisme, même recherche de pureté sous l’affectation de cynisme, mêmes paradoxes mondains brillamment distillés, même désespoir sous le masque de l’humour. La différence entre les deux, et la supériorité, me semble-t-il, de l’Eventail, tient à ce que Wilde ne s’y contente pas de souffler de jolies bulles de savon mais s’est donné la peine de bâtir une intrigue assez solide pour frôler le gouffre du mélo sans jamais y tomber, et dont l’ingéniosité est digne d’un thriller. Inutile de la résumer pour ceux qui la connaissent. Il serait cruel de la dévoiler à ceux qui la découvriront. Qu’il leur suffise de savoir que si lord Windermere fréquente assidûment une dame perdue de réputation, s’il lui a acheté une maison, un coupé, s’il lui verse des mensualités et exige que lady Windermere reçoive la gourgandine dont tout Londres pense qu’elle est sa maîtresse, eh bien, c’est par amour pour… sa femme. Dur à avaler ? C’est tout le sel de la chose. On ne peut que saluer bien bas la performance de Marie-France Santon, lady Berwick toute en perfidie, d’Elisa Sergent, délicieuse et émouvante lady Windermere, et l’abattage, la calme maîtrise, l’intelligence de jeu de Geneviève Casile. A noter, Jean-Philippe Beche (lord Windermere) et Franck Desmedt (...)
Dominique Jamet - 7 au 13 octobre 2006

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