Compagnie Sebastien Azzopardi

WEBTHEA : L'Eventail de lady Windermere



WEBTHEA : L'Eventail de lady Windermere

WEBTHEA : L'Eventail de lady Windermere
Lady Windermere a tout pour être heureuse. Elle a fait un mariage d’Amour, fait rarissime dans l’Angleterre Victorienne. Aujourd’hui Margaret fête son anniversaire, son époux attentionné lui a offert un éventail superbe. Elle est gentiment courtisée par Lord Darlington. Quoi de plus naturel pour une jolie jeune femme. La Duchesse de Berwick vient faire une visite de politesse et distiller un fiel mondain. En bonne amie, elle révèle à la jeune femme que la conduite de son époux laisse à désirer. Il se compromet avec la scandaleuse Madame Erlynne.
Qui est cette femme arrivée à Londres sans fortune et qui mène grand train ? Pourquoi Lord Windermere lui alloue t-elle des sommes considérables ? D’où vient-elle ? Quel est ce pouvoir étrange qu’elle opère sur les hommes ? Margaret n’est pas au bout de son chagrin puisque son époux lui demande de recevoir Madame Erlynne à sa soirée d’anniversaire.
Oscar Wilde est à l’honneur des scènes parisiennes.
Quel destin pour ce dandy éperdu de beauté. Cet homme de lettres, brillant à l’esprit insolent connut la gloire, les honneurs, les succès. Son roman Le portrait de Dorian Gray choqua la bonne société. L’esthète adulé devint un être immoral de sa relation avec le jeune Lord Alfred de Queensbery. C’est à ce moment de sa vie qu’Oscar Wilde fit représenter en 1892 L’éventail de Lady Windermere. La pièce dit fort bien qu’il faut se méfier des apparences et des ragots. Il dépeint deux portraits de femmes prises dans le corset des convenances.
Il va falloir prendre garde à Sébastien Azzopardi. Comédien charmant, il est un metteur en scène avec qui il va falloir compter... Son Barbier de Séville était sémillant et son Tour du monde en 80 jours loufoque. Il aime les textes et les comédiens. Ici, il se frotte à l’humour caustique de Wilde. Chaque réplique est une maxime qui met en joie par sa justesse et l’analyse pertinente de l’âme humaine. Sébastien Azzopardi a choisi de mettre les mots dans un écrin d’époque : grands rideaux noirs sur lesquels pendent des tableaux, meubles ravissants plantent le décor. Les costumes de Christian Gasc sont magnifiques, raffinés dans le moindre détail.
Cette pièce a été donnée au Théâtre du Palais-Royal et hors la délicieuse Mélanie Doutey, nous n’en avions pas gardé un bon souvenir. Ici l’interprétation est parfaite. Lady Windermere-Elisa Sergent charmante et tendre, Lord Windermere-Jean-Philippe Bêche est un gentleman des plus convaincants. Mais de l’excellente Marie-France Santon à Aude Sabin qui joue le rôle ingrat de lady Agatha, toute la distribution est parfaitement ajustée. La scandaleuse Madame Erlynne est campée par Geneviève Casile. Lorsqu’elle parait sur scène dans une robe magnifique, un murmure parcourt la salle. Son allure, son aura donnent à son personnage une lumière, un attrait immédiat. Geneviève Casile avec la souplesse d’une lionne campe une Madame Erlynne avec une richesse, une palette de sentiment toute en nuance. Cette élégance, cette diction impeccable, cette profondeur est l’apanage de cette grande comédienne qui porte au plus haut son art délicat de la Comédie.
L’éventail de Lady Windermere, pièce d’Oscar Wilde, mise en scène de et avec Sébastien Azzopardi, avec les comédiens Jean-Philippe Bêche, Jean-François Guilliet, Franck Desmedt, Jean-Michel Bonnarme, et les comédiennes Geneviève Casile, Elisa Sergent, Marie-France Santon, Aude Sabin, au Théâtre 14, jusqu’au 28 octobre, Tél. 01 45 45 49 77.
Marie-Laure Atinault - vendredi 29 septembre 2006

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